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Avec « Zone », Mathias Enard crée déjà le buzz de la rentrée, à travers une Iliade ferroviaire hantée par les soubresauts des guerres méditerranéennes.
Rencontre avec l’auteur.
-Quel est le point de départ de « Zone » ? -Le livre a commencé pour moi dans un train, et dans la situation du narrateur. Un matin, à Paris, j’étais dans un état très physiquement très étrange… Je suis arrivé à Milan, et après j’ai pris le train entre Milan et Rome. Et c’est là, dans ce train, que j’ai conçu le trajet et l’horizontalité du récit, parce qu’il n’y a rien qui résume mieux le 20ème siècle qu’un train… Les trains de transports de troupe, les trains de déportés… Tous ces aspects qui sont liés aux aspects les plus tristes et les plus criminels du 20ème siècle .

Zone
-Le livre comporte 24 chapitres… Et un seul point ! Pourquoi un tel parti-pris ? -Parce qu’un voyage, cela s’interrompt très peu finalement… Le narrateur a cette image d’ailleurs, il dit : « même mort, mon cadavre arriverait à Rome de toute façon ».. Et j’avais vraiment envie de prendre le lecteur, de l’asseoir dans le train et d’aller jusqu’à Rome sans s’arrêter, comme le ferait un train lancé dans la nuit… Pas d’arrêt, pas de pause, du rythme, quelque chose de soutenu, de tendu, et qui correspond aussi au grand va-et-vient de l’histoire, des noms…Tout cela, c’est une espèce de grande machine qui tourne tout le temps, et comme le temps ne s’arrête jamais de la même façon, la phrase ne s’arrête pas elle non plus, et elle continue, et elle va jusqu’au point final …
« Zone », de Mathias Enard, Actes Sud (Parution le 20 août).
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